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Un Roi pour la France
République et Royauté

Réponses royalistes
 
Ouvrage : Un Roi pour la France ; Partie 2
Perspectives
Chaque homme voit très bien comment et pourquoi sa vie personnelle et familiale s’organise et sa compétence dans ce domaine privé est grande. Personne ne peut se substituer à lui dans les décisions qu‘il y prend sauf s’il en fait une expresse demande. Charbonnier est maître chez lui nous dit la sagesse populaire.
Dès qu’il s’agit des affaires de sa cité ou de sa province, et même s’il est très au fait de ce qui s’y passe, cette primauté décisionnelle n’est plus évidente car beaucoup des problèmes abordés dépassent souvent sa compétence et presque toujours son niveau d’information. De plus, il est rare qu’il puisse trouver le temps nécessaire pour combler ces manques, ses occupations professionnelles et la conduite même de ses affaires personnelles et familiales lui en ôtent le loisir. Il est donc normal que le pouvoir de décider soit délégué à plus compétents et plus disponibles que lui et la collectivité locale, dont il fait partie, choisit parmi ses membres, les hommes qui pourront se consacrer aux tâches d’intérêt général.

Ce qui est vrai pour la cité et la province l'est bien plus encore pour un gouvernement national. Que dire alors de ce qui concerne la plus haute autorité de l'État. Nous avons vu que les perspectives qui sont requises pour la conduite d’une nation sont grandes et hors du champ de vision d’un homme préoccupé de ses problèmes personnels et familiaux. Il y a donc, là encore, et plus encore qu’aux échelons intermédiaires, nécessité de délégation. La confiance qui doit régner entre le gouverné et le gouvernant doit être ici totale et nous venons de voir, hélas, qu’en démocratie, cette confiance est toujours trompée.

J’ai retenu trois instruments peu ou pas utilisés de nos jours pour que le peuple puisse se faire entendre de l’autorité Royale, à savoir : le placet, la représentation par tirage au sort et le consentement à l’impôt.

Le placet n’est pas une nouveauté mais son utilisation au 17ème siècle dans une société inégalement alphabétisée, démunie de moyens rapides et automatiques de traitement de l’information, ne pouvait qu’être marginale. Il n’en est plus de même aujourd’hui, bien au contraire et le placet pourrait constituer un moyen simple et efficace de relier le Roi a son peuple.

L'intervention du hasard dans la désignation de représentations populaires peut surprendre mais c’est pourtant par ce moyen que sont constitués de nos jours les jurys d’assises et c’est également à l’aide de cet outil (et d’autres) que la république de Venise éliminait tout risque de candidature lors de la désignation d’un Doge. Les légistes Vénitiens avaient en effet bien compris que l’acte de candidature était le poison qui ruinerait leur société.

C’est dans Vauban que j’ai puisé la notion de consentement à l’impôt. Non content d’être un remarquable ingénieur, Vauban était aussi un homme généreux et juste et il avait compris que pour le bien de tous, et pour l’efficacité de l’action royale, l’impôt devait réunir trois critères : être modéré, être payé équitablement par tous, être consenti.
 
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