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Un Roi pour la France
République et Royauté

Réponses royalistes
 
Ouvrage : République et Royauté ; Partie 1
Absurdité foncière du régime démocratique
A. Il est juste et utile que les gouvernés fassent représenter leurs intérêts devant le pouvoir. Mais i1 est absurde qu'ils choisissent, par l'élection, le détenteur même du pouvoir.
Ah ! si les hommes étaient des saints et des saints très intelligents, ils choisiraient, peut être, pour exercer le pouvoir, les citoyens les plus capables et les plus dignes. Mais les hommes ne sont pas des saints. Trop souvent ils sont égarés par la passion et par le souci exclusif de leurs intérêts personnels, on trompés par l'ignorance et le défaut de jugement.

B. II est absurde de procéder aux élections d'après le principe démocratique : un homme, un vote. Dans ce système, en effet, la voix d'un idiot vaut celle de l'homme le plus intelligent ; le vote d'un illettré a le même poids que celui d'un savant ; le bulletin d'un malfaiteur compte autant que celui d'un honnête homme et le suffrage d'un célibataire vaut celui d'un père de famille nombreuse. Celui ci cependant est bien plus intéressé que le premier à l'avenir de la nation.

C. Il est absurde que les élections législatives se fassent, le plus souvent, sur des questions de politique générale que beaucoup d'électeurs connaissent mal ou ignorent totalement : relations diplomatiques, questions douanières, militaires, maritimes, financières, etc.

D. Il est absurde de remettre en question, tous les quatre ans, toute la politique intérieure et extérieure du pays, l'ordre des finances, la défense nationale, la paix religieuse, etc. Car tout cela dépend de l'orientation que va prendre la girouette électorale, sous le vent de l'ignorance, du mensonge, de la fraude et de la corruption.

E. Il est absurde d'appliquer, à cette entreprise si complexe et si vaste qui s'appelle une nation, un système que personne ne voudrait adopter pour ses entreprises particulières. Aucun homme sensé, en effet, n'acceptera d'introduire le régime démocratique dans son usine, sa maison de commerce, son atelier, sa ferme, son administration, sachant bien que ce régime (élection des chefs de service qui seront renversés s'ils déplaisent, constitution d'un comité qui votera sur toutes les questions, etc.) amènerait promptement la ruine et la mort de l'entreprise.
L'Eglise catholique n'est pas une démocratie, mais une monarchie fortement hiérarchisée.
La famille n'est pas une démocratie. On ne vote pas même chez les républicains invétérés pour savoir qui commandera dans la famille. Le père de famille est roi, de droit naturel, dans ce petit état.
L'œuvre collective la plus simple exige, pour réussir, un chef et un seul. Voilà un groupe de manœuvres ayant à transporter une poutre d'un point à un autre tout proche. I1 faut à ce groupe un chef, un seul, qui, de la voix ou du sifflet, règlera et coordonnera les mouvements de ses hommes. Sinon, la poutre n'avancera pas et peut être tombera sur les pieds des porteurs en querelle.

F. Il est absurde que le Parlement soit omnipotent. Il l'est, en France, comme dans toutes les républiques démocratiques et se trouve, en fait, maître des biens, des libertés, de la vie même de tous les citoyens.
Il déclare la guerre : nous devons abandonner famille et affaires pour courir au combat.
Il conclut la paix : nous devons l'accepter, fût elle désastreuse.
Il fixe à son gré la durée du service militaire : nous sommes obligés d'obéir.
Il peut doubler, tripler, décupler nos impôts : nous sommes contraints de payer.
Il peut soumettre certaines catégories de citoyens irréprochables à des lois d'exception, les priver d'une partie de leurs libertés et de leurs droits civiques et confisquer leurs biens. Il nous faut subir cette tyrannie (Congrégations religieuses ; Église de France).
Le Parlement viole les lois quand elles le gênent. C'est ainsi qu'au mépris de la loi de 1834 sur l'état des officiers, il a nommé général de brigade, en 1906, le lieutenant colonel Picquart, sans que cet officier ait jamais été colonel. Et il a antidaté de trois ans cette nomination illégale pour que le favori puisse passer promptement général de division.
Empiétant sur les attributions du pouvoir exécutif, le Parlement a nommé d'autres officiers à des grades et a conféré des décorations (Ex. : Dreyfus).
Il a exonéré arbitrairement ses membres de certains impôts. L'augmentation de 12.000 francs, que les parlementaires s'étaient allouée en 1920, avait été, par une disposition législative spéciale, exemptée de l'impôt cédulaire sur les traitements.
Ce qu'aucun monarque, même autocrate, ne pourrait faire, le parlement français l'a réalisé : il a de lui même, ce maître absolu, augmenté sa liste civile, en portant l'indemnité parlementaire de 9.000 francs à 15.000 (1909), à 27 000 (1920), à 45.000 francs (1926) !
Dans la détresse accidentelle du budget de l'État, Louis XIV réduisait son train de maison et envoyait fondre à la Monnaie sa vaisselle d'or et d'argent. Le Parlement, lui, augmente ses émoluments.
Est il donc si bien doué, ce souverain fantasque, qu'on puisse se féliciter de vivre sous son pouvoir arbitraire ? Non, de l'aveu même de républicains marquants.
« Une assemblée, a dit Ernest Renan, n'est jamais un grand homme. Elle a tous les défauts qui, chez un souverain, seraient les plus rédhibitoires : elle est bornée, passionnée, emportée, décidant vite, sans responsabilité et sous le coup de l'idée du moment ». (Réforme intellectuelle et morale de la France.)
E. M. Hubert Bourgin, qui fut longtemps socialiste :
« En dépit des panégyriques officiels ou officieux, intéressés ou non, le régime parlementaire n'est qu'une comédie, le travail parlementaire n'est qu'une légende, le contrôle parlementaire n'est qu'un simulacre ». (Cinquante ans d'expérience démocratique.)
Avez vous remarqué que, chaque année, lorsque les Chambres partent en vacances, le pays tout entier pousse un soupir de soulagement. Les gens s'abordent joyeusement et se disent les uns aux autres : « Enfin les voilà partis ! Nous allons donc être tranquilles pendant quelques semaines ». Et les ministres ne sont pas les derniers à se réjouir. Eux aussi vont enfin connaître quelque répit et pouvoir s'occuper des affaires de leur département. Mais quelle n'est pas l'absurdité d'un régime tel que les citoyens et le gouvernement lui même se félicitent lorsque l'organe essentiel du régime est absent !

Si le Parlement français s'est attribué une autorité sans limites c'est par suite d'une véritable usurpation de fonctions. Les députés aux Etats généraux de 1789 étaient seulement les représentants des intérêts de leurs mandants devant 1e pouvoir royal. Mais très vite, on le sait, sur le conseil des agents qualifiés de la Franc Maçonnerie (Mirabeau, Siéyès, Barnave, Lameth, Duport, etc.), ces députés érigèrent leur assemblée en Constituante et s'arrogèrent le droit d'édicter des lois et de rendre des décrets. Dès lors, les intérêts des divers groupements, corporations, universités, villes, pays, provinces, etc., cessèrent d'être représentés et défendus devant le pouvoir puisque l'Assemblée Constituante était devenue le pouvoir lui même.

C'est pourquoi, lorsque le Comte de Chambord écrivait : « Ensemble et quand vous voudrez, nous reprendrons le grand mouvement de 1789 », il entendait revenir en deçà de l'usurpation dont nous venons de parler. Il envisageait la reprise du grand mouvement qui rassemblerait, dans les Etats Généraux, les représentants des groupements professionnels, corporatifs, locaux, régionaux, etc., pour éclairer le Roi sur les besoins et les désirs de la nation.
 
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