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Un Roi pour la France
République et Royauté

Réponses royalistes
 
Ouvrage : République et Royauté ; Partie 3
Réponses à quelques objections
1 ° La Royauté ne serait elle pas un retour aveugle à l'ancien régime ?
Non. La tradition consiste à conserver, du passé, tout ce que l'expérience a prouvé être bon. Selon le mot du duc d'Orléans : « La Monarchie française, traditionnelle par son principe, sera moderne par ses institutions ».

2° La Royauté serait sans doute le gouvernement les nobles ?
Ni plus ni moins que des autres citoyens. Nos rois ont toujours su utiliser toutes les compétences. Suger, Jacques Cœur, Bureau, L'Hôpital, Colbert, Louvois, Chevert, Fabert, Kellermann, n'étaient pas nés noble. Il est facile au Roi, dont 1e pouvoir est indépendant de l'élection, de ne tenir compte que des capacités et du mérite ;
Le favoritisme est, au contraire, le fléau des démocraties. Chacun, autour de soi, constate l'abus des recommandations et des protections.

3° En tout cas, la Royauté serait le gouvernement de curés ?
Mais non. L'Eglise de France, sous la Monarchie, jouira de la situation indépendante et honorée à laquelle elle a droit. Son action éducatrice et moralisatrice sera facilitée, favorisée, mais l'État ne lui sera point asservi. Les autres confessions jouiront aussi des plus larges libertés.

4° La Royauté serait peut être le gouvernement de riches ?
Quelle erreur ! Ce sont les démocraties qui deviennent fatalement des ploutocraties. On peut le constater aux États Unis comme en France où, sous la Troisième République, les banques sont toutes puissantes. Seul le pouvoir royal héréditaire est assez fort pour échapper à l'humiliante domination de l'or.

5° Si la Royauté est rétablie, tous les fonctionnaires de la République vont perdre leur place ?
Nullement. Nos Princes l'ont dit et répété : La Royauté se gardera de toucher à la situation des fonctionnaires en exercice. La Royauté n'est pas un parti : elle n'exclut personne. Le Roi sera heureux d'utiliser la compétence et l'expérience des fonctionnaires qui voudront continuer à travailler, avec lui, pour le bien public.

6° Mais la démocratie est, de nos jours, un courant irrésistible ?
Irrésistible ? Nous avons vu, en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Belgique, etc., des hommes d'État, appuyés sur le pouvoir royal, résister avec succès à ce prétendu courant. Et leurs nations s'en sont bien trouvées.

7 ° Mais les fleuves ne remontent pas à leur source ?
Non, mais un malade est heureux de revenir à son état antérieur qui était la santé.

8° En nous proposant de retourner à la royauté, vous voulez nous faire rétrograder ?
Il est fort intelligent et très utile de rétrograder lorsqu'on s'aperçoit qu'on s'est trompé de chemin.

9° Vous voulez supprimer le suffrage universel ?
Pas du tout. Charles Maurras, dans le Discours préliminaire à la dernière édition de son Enquête sur la Monarchie, a écrit : « ...le suffrage universel qu'il faut bien se garder de supprimer ou de restreindre. » Seulement, on s'efforcera de faire voter les citoyens sur des questions de leur compétence, ainsi qu'il arrive, par exemple, lorsqu'ils choisissent les représentants de leurs intérêts professionnels.

10° Et si le Roi est incapable ?
C'est peu probable avec l'atavisme et surtout en raison de l'éducation spéciale, de l'instruction très étendue, que reçoit 1e futur souverain. En fait, pendant dix siècles de monarchie capétienne, le cas ne s'est jamais absolument produit. S'il se produisait, les institutions royales, nous l'avons montré plus haut, demeureraient bienfaisantes.

11 ° Tout de même l'hérédité ne garantit pas la valeur personnelle du Roi.
Eh bien ! et l'élection ? Garantit elle la valeur personnelle de l'élu ? Vous avez vu, au début de cette étude, l'opinion de M. Gustave Théry. Voici celle de Renan, dans la « Réforme intellectuelle et morale de la France »: « Les hasards de la naissance sont moins grands que les hasards de l'élection. Le collège grand électeur, formé par tout le monde, est inférieur au plus médiocre souverain d'autrefois. »
Prenez la série de nos présidents de la République, depuis la chute du maréchal de Mac Mahon en 1879 et voyez quelle collection de médiocrités ou de nullités les hasards de l'élection ont mise, depuis bientôt cinquante ans, à la tête de l'Etat français : Jules Grévy, Casimir Périer, Félix Faure, Loubet, Fallières, Millerand, Doumergue, etc.
Au surplus, a écrit Charles Maurras, nous ne prétendons pas désigner la personne la plus capable de bien gouverner l'Etat, car beaucoup de gens croiraient être cette personne. Nous recherchons la position d'où il est le plus facile de discerner et de servir l'intérêt national. Cette position est incontestablement celle du roi héréditaire.

12° Mais si le roi devient fou ?
Le fait s'est produit une fois, en quatorze siècles de monarchie française : le roi Charles VI est devenu fou. Il s'est produit une fois aussi, en cinquante ans de République, avec M. Deschanel. Et, chose curieuse, en même temps que le président français, deux autres présidents de République avaient perdu la raison : M. Wilson aux Etats Unis et le président d'une petite république du Centre Amérique qui, dans une crise d'aberration, faisait bombarder sa propre capitale. Plus tard, le chef de la République soviétique, Lénine, est aussi devenu fou.
Si ce cas se produit dans une Monarchie une régence est établie, comme pour un roi mineur, et l'institution bienfaisante continue de fonctionner.

13° Mais au X X° siècle on ne peut pas admettre l'idée d'un souverain absolu.
Si l'on donne à l'expression « pouvoir absolu » son sens habituel de pouvoir arbitraire et sans limites, un tel pouvoir n'a jamais existé dans la monarchie française.
Les souverains absolus, on les trouve dans les démocraties républicaines (Robespierre, Lénine), ou impériales (Tibère, Napoléon 1°). Le parlement français, sous la III° République est un maître absolu dont le pouvoir, nous l'avons montré, est illimité. Mais le pouvoir de nos rois n'est absolu, c'est à dire entier, que dans les limites des attributions royales.

14° C'est fort bien, mais des penseurs d'une magnifique envergure, tels que Marc Sangnier, Cornilleau, Gustave Hervé et le chanoine Bélorgey, proclament que LA DÉMOCRATIE EST UN FAIT et qu'on ne lutte pas contre un fait : on le constate et on le subit.
Beau raisonnement ! L'alcoolisme aussi est un fait. Faut il donc renoncer à le combattre ? La maladie est un fait. Le médecin lui laisse t il le champ libre ? Quand les apôtres se répandirent à travers le monde, pour enseigner la doctrine chrétienne, le paganisme était un fait autrement général et solidement établi que la démocratie de nos jours. Les apôtres n'avaient ils qu'à s'incliner devant ce fait incontestable ?

15° Malgré vos excellentes raisons, vous ne réussirez pas à rétablir la royauté en France : Le peuple tient trop à la Liberté.
La Liberté (avec un grand L) est une abstraction inexistante. Quant aux libertés réelles et concrètes :
liberté individuelle, liberté d'association, liberté de l'enseignement, libertés religieuses, corporatives, universitaires, etc., la République démocratique les a singulièrement réduites.
Ces libertés refleuriront naturellement, sous la royauté française, comme elles l'ont toujours fait : La France avant 1789, a écrit M. Frantz Funck Brentano (Le Roi), était hérissée de libertés. »
Il n'y a nullement antinomie entre les libertés et l'autorité. Au contraire, l'usage des libertés n'est possible que sous la protection die l'autorité.

16° Oui, mais le peuple français a maintenant la République dans le sang. Voyez, aux élections législative, combien peu de royalistes sont élus !
Il est extraordinaire qu'il y en ait encore quelques uns élus, malgré le bourrage de crâne auquel sont soumis les électeurs et les fraudes que les administrations républicaines peuvent si facilement pratiquer.
Nous vous avons montré déjà comment les élections dépendent de 1a presse en grande partie serve de l'or. En outre, il est constant qu'à toute époque les électeurs ont voté, en grande majorité, pour les candidats favorables au régime. Motifs : horreur du changement, crainte de l'inconnu, désir naturel d'avoir pour représentant un homme bien vu du pouvoir et susceptible d'obtenir des faveurs pour ses électeurs. On ne peut donc pas conclure du résultat des élections, que la masse du pays est profondément attachée au régime.
Preuve : au mois de mai 1870, l'Empire éprouve le besoin de se faire plébisciter. Résultat merveilleux : sur 7 millions d'électeurs, 6 millions acclament l'Empire. Et les officieux allaient disant : « Le peuple français a l'Empire dans le sang ! » Or, quatre mois plus tard, l'Empire était par terre et personne ne remuait le doigt pour empêcher sa chute.

17° Un fait certain, c'est que les catholiques français n'ont pas le droit de combattre la République. Léon XIII, par son Encyclique du 16 février 1892, leur a prescrit d'accepter loyalement, et sans arrière pensée, le régime républicain et de ne lui faire aucune opposition. Prétendre que ses successeurs n'ont pas maintenu ces prescriptions et en ont donné d'autres fort différentes, c'est porter atteinte à l'unité de l'Eglise en niant la constance de sa doctrine.
Les catholiques démocrates, tenants de cette thèse, confondent deux questions distinctes :
1° L'Encyclique du 16 février 1892 rappelle d'abord la doctrine constante de l'Eglise sur le devoir de respect et de dépendance des catholiques envers les pouvoirs établis, devoir qui subsiste, dit Léon XIII, tant que les exigences du bien commun le demandent.
2° Dans la même Encyclique, le Pape engageait les catholiques français à renoncer à toute opposition, même légale, contre le gouvernement de la République. En cette matière, qui n'est ni doctrinale ni morale, le Souverain Pontife ne pouvait pas songer à donner des ordres formels et définitifs aux catholiques de France. Lui même, dans sa lettre au cardinal Lecot, ne parlait que de conseils. Encore moins prétendait il trancher la question comme Pasteur suprême et Docteur de l'Église universelle.
Ce n'était donc qu'une tactique politique que le Saint-Père jugeait opportun d'adopter, momentanément au moins, dans l'intérêt de l'Église de France. Il espérait, par ce ralliement des catholiques au régime républicain, enlever tout prétexte à la persécution anticatholique dans notre pays.
Cette tactique échoua, parce que la Franc Maçonnerie, qui se confond, grâce à l'or juif, avec le gouvernement de la République française, ne peut pas cesser de persécuter l'Eglise du Christ. Satan ne désarme pas.
Aussi, les successeurs de Léon XIII modifièrent ils ses instructions. Pie X, dans l'Encyclique Vehementer nos, du 11 février 1906 et dans la Lettre au colonel Keller, du 19 juin 1909, Benoît XV, dans ses instructions à Mgr Marty, évêque de Montauban, en avril 1915 (Bulletin catholique du diocèse de Montauban, du 8 mai 1915), ont expressément recommandé aux catholiques français de s'unir sur le terrain exclusivement religieux - et non plus sur le terrain constitutionnel pour la défense des droits et des libertés de l'Église.
Enfin le Pape Pie XI, dans sa lettre au cardinal archevêque de Bordeaux (5 9 26), écrivait : « C'est fort à propos que Votre Éminence laisse de côté les questions purement politiques, celle par exemple, de la forme du gouvernement. Là dessus l'Église laisse à chacun la juste liberté. »
Ainsi, la doctrine de l'Église demeure immuable, mais la tactique politique préconisée par les Souverains Pontifes varie naturellement selon les circonstances et les époques. Par exemple, le Non expedit avait été prononcé par Pie IX, pour écarter les catholiques italiens des fonctions publiques et de certaines élections, afin qu'ils ne parussent pas accepter le fait de la spoliation du Saint Siège. Cette mesure, maintenue par Léon XIII et Pie X, fut abrogée par Benoît XV, lorsqu'il parut nécessaire que toutes les forces de conservation sociale fissent obstacle aux progrès menaçants du socialisme et du communisme.

18° Vous ne nierez pas, qu'à tort ou à raison, la Monarchie soit impopulaire parmi la majorité du peuple français.
Oui, le complot contre l'Histoire de France, dont nous parlons plus haut, a porté ses fruits. La restauration monarchique, nécessaire au salut de notre patrie, a contre elle : d'une part, les politiciens démocrates, intéressés au maintien d'un régime dont la France meurt, mais dont ils vivent ou espèrent vivre grassement ; d'autre part, les Français ignorants ou trompés.
Mais nous ne songeons pas à rétablir la Royauté en obtenant, pour elle, les votes de la majorité des électeurs. Tous les changements de régime qui se sont accomplis en France, depuis 1792, ont été le fait d'une petite minorité agissant énergiquement, dans des circonstances favorables. Ainsi se fera 1a Restauration prochaine. La Monarchie, une fois rétablie, saura bien vite conquérir la popularité par l'évidence et la valeur de ses bienfaits.
La minorité que groupe notre doctrine de salut public, importante par ses effectifs, l'est plus encore par la qualité de ses membres. Dans toutes les catégories sociales, c'est l'élite morale et intellectuelle qui est venue à nous.

19° Au lieu de chercher à rétablir la Monarchie, ce qui est difficile, ne serait il pas plus simple d'améliorer la République ? Que faut il pour cela ? Avoir de bonnes élections d'où sortiront de bonnes Chambres qui nous donneront de bonnes lois. Et pour avoir de bonnes élections, il suffit de faire l'éducation civique des électeurs, de manière qu'ils comprennent les grandes questions politiques, économiques, diplomatiques, de défense nationale, etc., qui se posent devant le pays, de manière aussi qu'en toutes circonstances et spontanément, ils sacrifient leurs intérêts particuliers à l'intérêt général.
S'il est difficile de rétablir la Monarchie, cela prouve simplement qu'il est difficile de sauver la France de la ruine, du démembrement et de la servitude, car il n'est pas, pour elle, d'autre voie de salut.
Quant à la « bonne République », elle est bien plus que difficile, elle est impossible à réaliser. Le projet sus énoncé revient, nous l'avons dit, à transformer 10 millions d'électeurs (il y en aura 20 millions quand les femmes voteront) en saints très intelligents et très instruits. Inutile d'insister sur le caractère chimérique d'une telle entreprise. Ajoutons que, tous les ans, il meurt 200.000 de ces électeurs qui sont remplacés par 200.000 jeunes gens depuis peu d'années émoulus des écoles laïques.
Il peut arriver toutefois qu'à la suite d'un cataclysme il ne faut rien de moins les électeurs, sous l'impression des événements tragiques dont ils ont été les témoins et parfois les victimes, rejettent les bourrages de crâne de la presse asservie et votent avec assez de bon sens, pour des députés honnêtes et capables. Ce fait s'est produit après la guerre de 1870 71 comme après la guerre de 1914 1918. Il nous a valu, dans le premier cas, l'Assemblée Nationale, dans le second, la Chambre bleu horizon. Or, ces bonnes assemblées se sont montrées aussi impuissantes que les mauvaises à faire le bien, à empêcher le mal.
Même avec des ministres honnêtes, patriotes et bien intentionnés (il y en a eu quelques uns), la politique extérieure française s'est montrée aveugle et incohérente, la persécution religieuse a sévi, les mauvaises lois ont disloqué la famille, la criminalité s'est sans cesse accrue (surtout la criminalité juvénile), la natalité a rapidement baissé, le nombre des fonctionnaires, en cinquante ans, a quadruplé, les campagnes ont été désertées et les finances publiques mises au pillage.
Pourquoi ? Parce que, même sous les bonnes assemblées, même avec des ministres honnêtes et capables, le régime démocratique conserve toutes ses tares : il demeure absurde et malfaisant.

20° Nous reconnaissons que, dans les circonstances critiques où se trouve la France, l'unité de commandement serait un bienfait. Mais il n'est pas nécessaire, pour cela, de recourir à la royauté héréditaire. Ayons un dictateur. Voyez combien la dictature de Mussolini en Italie et celle du général Primo de Rivera en Espagne ont été bienfaisantes : ces pays ont été sauvés de l'esclavage et de la barbarie communistes ; ils jouissent de l'ordre, de la paix et de la prospérité économique ; les citoyens voient leurs libertés protégées ; ils travaillent en sécurité et la puissance de ces deux nations grandit avec le chiffre de leur population.
C'est exact, mais en Italie comme en Espagne, le pouvoir du dictateur s'appuie très légitimement et très légalement sur l'autorité permanente du Roi. C'est le roi d'Italie qui a conféré à Mussolini, comme le roi d'Espagne au général Primo de Rivera, la mission de gouverner.
En France, sur quelle autorité s'appuierait le pouvoir du dictateur ? Et ce dictateur d'où sortirait il ? S'investirait il lui même, par un coup de force heureux ? Mais alors, de toutes parts vont surgir des compétiteurs :
L'un dit : « Pourquoi pas moi ? » et l'autre : « Pourquoi lui ? » (P. Déroulède. Du Guesclin). (P. Déroulède. Du Guesclin).
Le dictateur sera t il élu ? Alors nous retombons dans tous les vices de l'élection : les rivalités, les intrigues, les promesses fallacieuses, l'intérêt du pays sacrifié aux caprices des électeurs, etc.
Le dictateur sera t il nommé à vie ? Il n'en aura pas moins à faire sa fortune et celle de sa famille. Et puis, ce dictateur mourra. Alors tout sera à recommencer, au milieu des compétitions et des incertitudes d'une élection nouvelle.
Enfin, si le dictateur, intronisé par lui même ou élu, peut être un honnête homme et un patriote sincère, il peut être aussi un bandit, un fou sanguinaire, comme Marat, Robespierre, Bela Kuhn ou Lénine.
 
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