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Un Roi pour la France
République et Royauté

Réponses royalistes
 
Ouvrage : République et Royauté ; Partie 2
Avantages de la monarchie héréditaire
Nous disons : la Monarchie héréditaire. C'est, en effet, le, principe de l'hérédité qui rend les institutions monarchiques essentiellement bienfaisantes, quelle que soit d'ailleurs la valeur personnelle du souverain.

A. Le Roi héréditaire ne tient pas ses pouvoirs de l'élection. Il est donc indépendant de l'opinion publique. Par suite, il peut agir en tenant compte uniquement de l'intérêt national.
L'opinion publique est volontiers routinière et, en tout cas, facile à égarer par des campagnes de presse. Ainsi, sous Louis XV et Louis XVI, l'opinion publique en était toujours au principe : abaisser la Maison d'Autriche et ne discernait pas le péril prussien. Sous Louis Philippe, l'opinion publique, agitée par l'opposition républicaine et bonapartiste, voulait la guerre contre l'Angleterre, au risque des pires catastrophes. Dans ces deux cas le Roi résiste et, dans l'intérêt de la patrie, n'hésite pas à engager sa popularité.
Au contraire, Napoléon III, parce qu'il était Souverain plébiscitaire, donc dépendant de l'élection, a sacrifié, en plusieurs circonstances graves, l'intérêt national, pour suivre l'aveugle impulsion d'une opinion publique égarée par la presse maçonnique. En 1859, par exemple, il entreprenait une guerre sanglante pour fonder l'unité italienne. Or, un peuple n'a jamais avantage à avoir pour voisin immédiat une grande nation qui pourra devenir une rivale.
Par contre, en 1866, alors qu'il pouvait sauver l'Autriche par la simple menace de l'intervention française et sans tirer un coup de canon, l'empereur laissait la Prusse triompher à Sadowa et jeter les fondements de 1a redoutable unité allemande.
Raisons de ces fautes : la presse française se montrait, en majorité, hostile à l'Autriche cléricale et réactionnaire, partisan de l'unité italienne (pour dépouiller la Papauté de son domaine temporel) et favorable à 1a Prusse protestante qu'on présentait comme libérale. Le soir de Sadowa, les journaux libéraux et radicaux illuminèrent à Paris, ne prévoyant pas que, dans Sadowa, il y avait en germe Sedan.

B. Le Roi héréditaire n'est l'homme d'aucun parti. Il lui est donc facile de tenir, au dessus des partis, le rôle d'arbitre et de juge impartial.

C. Le Roi héréditaire n'a pas sa fortune à faire.

D. Le Roi héréditaire dispose de la durée. Il peut donc concevoir et mener à bien des projets à longue échéance.

E. Le Roi héréditaire connaît son métier. Tout métier s'apprend. Le Roi, dès son enfance, est familiarisé avec le sien.

F. En monarchie héréditaire la possession du rang suprême ne peut éveiller aucune compétition, le Roi étant désigné par sa naissance. Pour 1a même raison, la transmission du pouvoir, lors de la mort du souverain, se fait sans difficulté, ni secousse. Voyez avec quelle facilité, lors de la mort du Duc d'Orléans (Philippe VIII), son successeur, le Duc de Guise (Jean III), s'est trouvé investi des droits, de l'autorité et des responsabilités de Chef de la Maison de France.

G. Le Roi peut décentraliser et il a intérêt à le faire, afin de décharger la couronne du poids de besognes secondaires. Non seulement, par 1a décentralisation, la Monarchie française accroîtra l'indépendance, l'activité, la richesse des communes, des provinces, des corporations, des associations, etc., mais encore elle réalisera d'énormes économies. La décentralisation de l'Instruction publique et de l'Assistance publique, par exemple, qui seraient confiées, presque entièrement aux villes, aux arrondissements, aux provinces, aux associations diverses, laïques ou religieuses, soulagerait le budget de l'Etat, tout en assurant une meilleure exécution de ces importants services.

H. - Grâce à l'hérédité, l'intérêt personnel du Roi coïncide, se confond, d'une façon permanente, avec l'intérêt national.
Ainsi, c'est l'intérêt du Roi que l'ordre et la paix règnent dans le royaume et c'est aussi l'intérêt de la nation. C'est l'intérêt du Roi que le pays soit riche et prospère afin que les impôts rentrent bien, c'est aussi l'intérêt de la nation. C'est l'intérêt du Roi que la France soit forte et respectée au dehors. Tel est aussi l'intérêt de la nation qui a besoin, pour travailler et produire, de se sentir en sécurité.
Envisageons le choix des ministres. Nous avons vu par quelles considérations, tout à fait étrangères à la bonne marche des services, se réglait leur désignation en régime démocratique. Le président du conseil veut, avant tout, des ministres qui lui assurent une majorité durable. Compétence, patriotisme, moralité même, n'entrent guère en ligne de compte.
Mais le Roi n'a pas besoin d'une majorité. Par suite, lorsqu'il choisit ses ministres, son intérêt personnel le pousse, l'oblige à prendre les hommes les plus capables, les plus actifs, les plus probes, ceux qui gèreront le mieux ses affaires... qui sont aussi les affaires de la nation.

I. Il est incontestable qu'un homme, même d'intelligence et de jugement très ordinaires, voit clair, est avisé, prévoyant, lorsqu'il s'agit de son intérêt personnel. Par suite, le Roi, fût il un homme médiocre et un simple égoïste, en servant son intérêt personnel, son intérêt de famille, son intérêt dynastique, sert automatiquement l'intérêt national.
Conséquence : Même avec un roi médiocre, la monarchie héréditaire demeure bienfaisante.

Preuve : Sous le règne de Louis XV, la France s'accroît de la Lorraine et de la Corse et demeure, pendant tout ce règne (comme sous le précédent, comme sous 1e suivant), la première de toutes les notions du globe. On a exagéré les défauts de Louis XV, mais plus on prouvera l'infériorité de ce souverain, plus ou démontrera l'excellence des institutions monarchiques, puisque, sous ce roi si médiocre, la France conserva toute sa puissance et tout son éclat.
 
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